Course de Relais – duo contre solo- au cycle 3, repères didactiques


Souvent la course de relais est conçue comme la somme plusieurs courses individuelles. Or, poser le problème de la transmission du bâton (témoin) en pleine vitesse est très intéressant.

Les élèves vont à la fois courir, se poser des questions pour ne pas perdre de temps, et assumer des rôles sociaux (starter, juge, entraineur.euse).

Voici des repères didactiques et une démarche pour enseigner le relai, d’après les travaux d’Alain Le Bas, formateur à l’IUFM de Saint Lô.


Situation de pratique scolaire / Jeu de référence (duo contre solo)

But du jeu : Aller plus vite à deux que tout seul (un duo contre un solo)
Un coureur seul court 60m
2 coureurs (faisant chacun 30m) doivent courir en se transmettant un témoin (bâton léger)

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La distance courte permet une course de vitesse qui demande un engagement total. Au départ, la zone de transmission n’a pas de sens pour les élèves. Celle-ci ne sera proposée que quand on aura constaté un problème (obligation de ralentir pour recevoir ; etc…). L’introduction de la zone permettra de comprendre que les 2 coureurs doivent courir environ la même distance et qu’il faut transmettre vite.

Critère de réussite :

Le relais doit aller plus vite que le coureur seul
Mettre des zones au départ pour comparer l’écart entre le coureur seul et le duo. Cela évite de chronométrer (action aléatoire et couteusde en organisation : qui prend le chrono ? qui écrit le temps ?…). Si le relais gagne, le coureur seul recule d’une zone. Ainsi, chaque course est un défi à relever pour tous les athlètes.

Problème à résoudre pour le relais : transmettre le témoin sans diminuer la vitesse de celui-ci


Sens du progrès – Evolution des comportements des élèves

Comportements de départ (Palier1)

  • le relayeur attend l’arrivée du donneur, dos tourné à la direction de la course (voir les photos)
  • il ne court qu’après s’être saisi du témoin
  • il est organisé par la prise du témoin et non par la vitesse

Ce qu’il y a à apprendre :

  • Recevoir et donner le témoin en mouvement
    Pour cela, le relayeur doit anticiper le départ (posture de départ) pour perdre le moins de temps possible dans la transmission

Palier 2 :

  • le relayeur part avant l’arrivée du donneur mais à vitesse modérée (qu’il module en fonction de l’autre),
  • les coureurs ne se gênent pas au moment de la transmission : la main qui donne est coordonnée avant la main qui prend (droite dans gauche ou inverse) , le relayeur regarde la transmission.
  • Le donneur ralentit pour donner ; le relayeur ne court à pleine vitesse qu’après avoir reçu le témoin; les coureurs sont organisés par la continuité de la progression du témoin

Ce qu’il y a à apprendre :

  • mettre en relation 2 vitesses : comprendre que le relayeur doit partir à fond mais attraper le témoin avant la sortie de la zone
  • courir malgré le témoin
  • tendre la main au signal du relayé

Palier 3 :

  • le relayeur part à fond au bon moment (en fonction de la personne qui donne)
  • le passage du témoin s’effectue quand le relayeur est en pleine vitesse
  • la perte de temps est due à des difficultés de coordination entre prendre /donner le témoin

Palier 4 ( collège/lycée) 

L’élève a compris la coordination des vitesses, il reste à optimiser la transmission en pleine vitesse, en limite de zone autorisée. Le relayeur saisit le témoin (balancé du bras) sans perturber sa posture de course.

Repères des acquisitions en fin de cycle 3 

L’objectif pour toustes : palier 2-3
L’élève tente de battre son record à chaque course. Il a compris la structuration de l’espace (couloir, départ, zone de transmission).
Il a compris qu’il doit courir le plus vite possible avec un.e autre, et que le témoin ne doit pas perdre de vitesse.
Le relayeur sait partir au bon moment. Il est capable de modifier ses repères en fonction des observations (trop tôt, trop tard)
Le relayeur reçoit le témoin dans une course vers l’avant ; la transmission est réussie régulièrement.
L’élève sait jouer le rôle de starter, de juge, de coureur seul
Iel sait observer une transmission et donner des conseils sur le moment du départ du relayeur.


Démarche d’apprentissage pour 10 séances

Débuter le module par de la course de vitesse

Cette situation doit être précédée de séances de course de vitesse afin de déterminer les groupes d’élèves courant sensiblement à la même vitesse. Les élèves doivent avoir vécu suffisamment de séances de course et avoir compris les les règles du jeu pour que les relais fonctionnent bien  : le départ (debout), courir jusqu’à l’arrivée, savoir donner un départ, et être juge d’arrivée.

L’organisation du relais 

  • elle doit permettre à tous les élèves de jouer les 3 rôles : coureur seul, donneur, relayeur 
  • 2 à 3 courses peuvent avoir lieu en parallèle. En CP, l’enseignant.e donne le départ. En CM, les élèves peuvent assurer tous les rôles.
  • un tableau permet de noter facilement les résultats (gagné-perdu)
  • → exemple d’organisation possible par groupe de 6 :
  • Groupe 1 : AB contre C ; CA contre B ; BC contre A
  • Groupe 2 : DE contre F ; FD contre E ; EF contre D

Pendant que le groupe 1 est en action, le groupe 2 assure les rôle sociaux (starter, juge, observateur…)

Les enfants peuvent être par groupe de 4 : AB contre C – D juge. (combinaisons plus nombreuses)

Dans une séance : chaque élève fait environ 5 essais dans un rôle (10 essais en relais, 5 essais course solo)


1ère étape :

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Pour passer du palier 1 au palier 2, les élèves qui sont centrés sur le passage du témoin, la zone n’a pas de sens pour elleux.
Centrer les élèves sur ce qui fait perdre du temps : les bousculades, les arrêts, la course à l’envers et les solutions possibles :

→ posture de départ vers l’avant, commencer à courir avant que le donneur arrive (anticipation)

→ déterminer la main qui donne et la main qui reçoit (se mettre d’accord avec l’autre)


2ème étape :

il ne sera pas trop difficile de faire comprendre « intellectuellement » aux élèves qu’il faut partir à fond. Cependant corporellement cette consigne leur pose un réel problème !

A partir de la consigne : « il faut partir à fond » ; il va y avoir de nombreux dysfonctionnements qui vont permettre aux élèves de se poser des questions :

  • le donneur ne va pas rattraper le relayeur : c’est que celui-ci est parti trop tôt
  • le donneur donne quand l’autre n’est pas encore en pleine vitesse : c’est que le relayeur est parti trop tard,

→ les élèves devront travailler avec un repère (un plot ou autre petit repère qui se déplace facilement) pour ajuster les vitesses de course.

Évidemment, les repères changent si les duos changent d’où l’intérêt de faire des groupes fixes et de ne pas changer tout le temps de partenaire !

Faire une fiche avec les repères :

Exemple : A- C  (repère : 15 pieds) ; B- A (repère : 12 pieds)

Lors des entraînements, le coureur solo ne court pas et joue le rôle d’entraîneur, il observe la course grâce à ces repères : attention tu n’es parti à fond, tu es parti quand il est passé avant qu’il arrive au repère, etc.

Chronomètre :

A partir du palier 2, on peut prendre un chronomètre.
La performance de référence peut être l’addition des deux performances individuelles.
Il s’agit alors de réaliser une performance meilleure que la performance de référence.


Rencontres d’athlétisme inter-écoles :

Souvent les rencontres d’athlétisme prévoient des relais à 3, sans zone de transmission. C’est un moment festif et la course collective est plus conçue comme la somme des courses individuelles. Pour l’EPS, il serait dommage de se limiter à cet aspect festif. Le relais pose des problèmes très intéressants à la fois au plan

Les élèves ayant travaillé dans la situation ci-dessus s’adapteront très facilement aux contraintes du relais à 3.

Fiche conçue à partir des travaux de Alain Le Bas formateur à l’IUFM de Saint Lô.