Programmation avec peu d’équipements


Comment programmer une EPS de qualité alors que l’on n’a pas d’équipements corrects ? A l’impossible nul n’est tenu…mais comme de nombreuses écoles sont concernées, notamment rurales qui n’ont qu’une cour et un préau, nous faisons quelques propositions qui sont à enrichir en fonction de votre contexte.

Claire Pontais


Disons-le d’emblée, nous savons que pour assurer l’horaire d’EPS (3H par semaine), il est nécessaire d’avoir des équipements près de l’école et couverts (type gymnase, salle polyvalente) pour pouvoir enseigner l’EPS quelle que soit la météo. Donc sans équipements, à l’impossible nul n’est tenu !

Pour les principes généraux d’une programmation, vous pouvez vous reporter à l’article :Des équipements proches pour assurer les 3 heures d’EPS.

Lorsque l’on n’a qu’une cour et un préau

La programmation sera différente :

  • si on est dans le Nord ou dans le Sud : les possibilités de travailler dehors sont plus favorables dans le Sud !
  • si on a du « gros » matériel type tapis, bancs ou pas
  • si on a du petit matériel (ballons, balles, plots, etc..)

Pour ce qui est du matériel, il ne faut pas hésiter à aller voir la mairie, qui doit – c’est dans ses prérogatives, même si elle n’est pas riche – investir a minima dans un ballon par élèves, des chasubles, des plots, des tapis, des bancs … ! 

Dans une cour 

On peut faire des jeux collectifs, de l’athlétisme (course, lancer), de la gymnastique rythmique (ballon, cerceau, corde), des danses folk. C’est déjà pas mal !

Faire de la gymnastique est difficile, mais c’est parfois possible en fonction des jeux installés dans la cour (barres, échelles, …) et si on dispose de quelques tapis facilement transportables.

  • L’hiver, les jeux collectifs avec ballon à la main sont quasiment impossibles : il est préférable de choisir des jeux de poursuite sans ballon (type gendarmes et voleurs) ou le football auxquels on peut jouer en toute sécurité même s’il a plu. Cela permet de faire des cycles longs
  • Voir Gendarmes et voleurs (12 séances)
  • Football (12 séances)

Ces jeux paraissent « basiques » , mais sont intéressants, notamment lpour viser l’égalité filles-garçons.

Pour l’athlétisme, l’hiver, la course longue est l’activité la plus adaptée. Il est possible de proposer une séance de course par semaine de 30 mn de course (à l’image des parents qui font leur footing !)

  • Si la cour est grande, le nombre de possibilités augmentent
    • sports collectifs : on peut faire plusieurs terrains
    • athlétisme (aux beaux jours) : les élèves peuvent travailler tous en même temps (voir l’athlétisme : lancer, vitesse, relais). là encore, ce sont des activités « basiques » qui développent des qualités physiques utiles dans bien d’autres sports.
  • Si la cour est très grande, il est possible de faire de la course d’orientation. 
  • Si l’école a un grand mur sur le quel on peut lancer des balles, on peut faire du lancer athlétique sans avoir besoin d’un grand espace (en faisant des marques de plus en plus hautes sur le mur) ou des jeux collectifs avec rebond sur le mur (type, « balle au mur », pelote basque).

Dans un préau

Sauf si le préau est minuscule, il est possible de faire de la gymnastique rythmique (ou jonglerie), et des danses folk. Si ce préau est fermé, il devient quasiment utilisable toute l’année, à condition de choisir des APSA où il y a une dépense d’énergie forte pour éviter d’avoir froid.  Ces activités peuvent se faire aussi dans la cour aux beaux jours. 

L’intérêt des activités de jonglerie est de développer l’adresse des élèves (et iels peuvent jouer ensuite pendant la récréation). Là aussi la visée d’égalité entre filles et garçons est présente.

Dans la cour, s’il y a des jeux où l’on peut se suspendre, il est possible de faire proposer de la gymnastique avec peu de matériel, sous réserve d’avoir un sol « agréable » et quelques tapis et bancs. Sur les barres : se suspendre (se déplacer avec les bras, faire le cochon pendu) ; sur les tapis : faire des sauts, la roue, sur des bancs stables : marcher, sauter (comme sur une poutre) ou franchir (saute-mouton). Voir :

Une des difficulté de travailler dans la cour est que pour les élèves, elle est synonyme de récréation. Dans ce cas, un projet de spectacle collectif est indispensable pour les centrer sur les apprentissages.  Voir Jeu de référence et démarche d’apprentissage

Pour la danse 

il est difficile de faire de la danse de création dans la cour ou sous un préau, mais les danses folk sont possibles et peuvent déboucher sur un bal folk où on invite les parents ou d’autres écoles.

Dans certaines écoles rurales, des collègues ont fait transformer des anciennes salles de classe en salle de danse, c’est une bonne solution, y compris pour faire de la gymnastique au sol, ou de la jonglerie.

Pour le vélo, l’orientation, la randonnée …, repérer les alentours 

Toutes les activités dites « de pleine nature » sont difficiles à organiser, mais certains lieux comme un parc, un grand espace herbeux, un parcours-santé, des chemins de randonnée …permettent de faire ces activités « à hauteur d’enfants » : course longue, course d’orientation, grimpe, randonnée, vélo, etc. Bien sûr ces lieux doivent être sécurisés et entretenus … mais les mairies ont tout à y gagner parce que ces espaces peuvent être investis en dehors de l’école. De plus, à l’heure où l’on vante « l’école du dehors », et où on redécouvre que les enfants ont besoin de nature, l’EPS peut apporter sa contribution originale.

  • Faire de la course d’orientation dans un parc (une séquence longue)
  • De la randonnée (repère : un enfant de grande section peut faire 12 à 15 km dans une journée )
  • Vélo : Rappelez à la mairie que tous les élèves doivent « savoir rouler » en fin d’école primaire…En maternelle, les draisiennes sont indispensables.

Mutualiser le matériel avec d’autres écoles 

Pour certaines APSA, la mutualisation du matériel est une très bonne solution : matériel de gymnastique (plinth, tapis, bancs, …) draisiennes, haies, balles de jonglage, ballons de rugby,  cordes à sauter, etc.

Le matériel tourne, 7 semaines dans une école, puis 7 semaines dans une autre… C’est évidemment bien plus facile et confortable s’il y a une concertation entre différentes communes, et si une personne (conseiller pédagogique ou intervenant municipal..) s’occupe de la rotation de ce matériel. C’est une revendication à porter auprès des communes (ou communautés de communes) car elle permet vraiment d’offrir une ouverture culturelle aux élèves. 

Des rencontres pour finaliser les séquences  d’EPS

Bien sûr, avoir peu d’équipements limite les possibilités. Mais, il est tout de même possible de proposer des contenus intéressants, en proposant des jeux de référence stables tout au long de la séquence (voir « Comment « tenir « 12 séances, bousculer les idées reçues !« . 

Pour finaliser les séquences, vos élèves peuvent avoir la possibilité de participer à des rencontres USEP :

  • Une rencontre de jeux athlétiques
  • Une rencontre de sports collectifs
  • Un « vrai » spectacle de danse (ou cirque ou gymnastique ou GRS)
  • Un bal folk (danses collectives au sein de l’école ou entre écoles
  • Une randonnée avec pique-nique ou une course d’orientation dans un grand parc ou une forêt

Pour terminer, nous savons que la qualité de l’EPS passe par des bons équipements, parce que ceux-ci facilitent grandement la tâche des enseignant.es et permettent des conditions de travail plus confortables.

Dans tous les cas, travailler avec les mairies, les communautés de commune restent indispensable pour qu’elles investissent dans cet enseignement à la hauteur des enjeux.

Récapitulatif des fiches EPS qui ne nécessitent pas beaucoup d’équipements